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Comment tout ceci est calculé

Méthode

Chaque chiffre de ce site a une définition exacte et un dénominateur. Cette page les donne, ainsi que ce qu'ils écartent. Calculé le 14 août 2026

Un site qui publie des chiffres sur des personnes doit pouvoir être contredit. C'est l'objet de cette page : elle donne la définition exacte et le dénominateur de chaque mesure, pour qu'on puisse la contester sur le fond.

Les données viennent intégralement de l'open data de l'Assemblée nationale. Rien n'est saisi à la main, rien n'est corrigé à la main. Si un chiffre est faux, c'est que le calcul est faux — et il doit être corrigé publiquement.

La spécification complète

Note méthodologique Chaque mesure de ce site définie formellement : numérateur, dénominateur, population de référence, exclusions et incertitude. Les formules, les seuils, et les références aux travaux dont les méthodes sont tirées. PDF · 0,5 Mo · sous licence CC BY 4.0

C'est le document de référence : si le site et la note divergent, c'est le site qui a tort. Il est écrit pour être opposé au projet autant que pour l'expliquer.

D'où viennent les données

Une seule source, publique

Tout vient de l'open data de l'Assemblée nationale, publié sous Licence Ouverte 2.0. Nous téléchargeons les archives brutes — la liste des députés et leurs mandats, les organes (commissions, groupes), le dépouillement nominatif de chaque scrutin — et nous reconstruisons nos propres tables.

Aucun chiffre publié par l'Assemblée n'est repris tel quel. Les totaux affichés ici sont recalculés depuis les votes individuels. C'est plus long, et c'est la seule façon de savoir ce qu'un nombre contient.

Le périmètre

Ce que couvre ce site, et ce qu'il ne couvre pas

17e législature, du 8 octobre 2024 au 21 juillet 2026 : 8 434 scrutins, 1 270 476 votes nominatifs, 648 députés ayant siégé, dont 577 en exercice à la date du calcul.

Ce site ne mesure que le vote en séance publique. Il ne mesure ni le travail en commission, ni les questions au gouvernement, ni la présence en circonscription, ni les rapports, ni les auditions. Un député peu présent aux scrutins peut travailler énormément ailleurs. Aucun chiffre de ce site ne mesure le travail d'un député.

Le piège qui gouverne tout le reste

86 %

des 8 434 scrutins portent sur un détail de texte
245 seulement engagent l'ensemble d'un texte

Sur les 8 434 scrutins publics de la législature, 7 216 portent sur un détail de texte — le plus souvent un amendement — et 245 seulement sur l'ensemble d'un texte, une motion de censure ou une déclaration de politique générale. Il y a donc 29 fois plus des premiers que des seconds.

C'est le fait qui gouverne tout le reste de ce site. Un chiffre calculé sur « tous les scrutins » est en réalité un chiffre sur les amendements : ils décident du résultat par leur nombre. C'est pourquoi nous publions systématiquement deux lectures — toutes portées, et votes qui engagent seulement — plutôt qu'une moyenne unique qui aurait l'air plus simple et dirait moins.

Pourquoi nous distinguons deux assiettes de scrutins

Un « scrutin public » peut être le vote solennel sur un projet de loi de finances comme le vote sur un amendement rédactionnel déposé à trois heures du matin. Les compter ensemble, c'est laisser les seconds décider du résultat, puisqu'ils sont 86 % du total.

Nous appelons votes qui engagent les scrutins sur l'ensemble d'un texte, les motions de censure et les déclarations de politique générale. Les fiches donnent systématiquement les deux lectures, et c'est leur écart qui informe : deux députés très proches sur les amendements peuvent diverger sur ce qui engage.

Définitions

Chaque mesure, exactement

Présence aux votes qui engagent

votes exprimés ÷ scrutins où le député pouvait voter

Le numérateur compte les « pour », « contre » et « abstention » explicitement enregistrés. Le dénominateur se forme par deux retraits, qui répondent à deux objections différentes :

D'abord les scrutins tenus hors du mandat : 9 députés en exercice sont entrés en cours de législature, et leur taux serait faussé s'il portait sur 245 scrutins qu'ils n'ont pas pu voter. Ensuite les non-votants structurels — un membre du Gouvernement, le président de séance et le président de l'Assemblée ne peuvent pas voter, et la source le dit explicitement, motif par motif : ce ne sont pas des absences. Le perchoir, en particulier, empêche de voter presque tous les scrutins d'une législature : compter ces non-votes comme de l'absentéisme revenait à donner la présidente de l'Assemblée pour la députée la moins assidue, ce que ce site a fait jusqu'à sa correction.

Ce dénominateur est unique sur tout le site. C'est une règle et non une évidence : les fiches ont un temps refait cette division de leur côté en oubliant le second retrait, ce qui donnait deux chiffres différents pour la même mesure — jusqu'à 12,5 points d'écart, sur 44 députés. Le nombre affiché sous chaque taux est celui qui a réellement été divisé, et la fiche nomme les retraits quand il y en a.

Un député dont la source ne contient aucun vote nominatif n'obtient pas 0 % : il obtient une case vide et une phrase qui décrit la lacune. Une absence de donnée n'est pas une absence de vote.

Écart à la ligne de son groupe

votes contraires à la position majoritaire ÷ scrutins où le groupe avait une position majoritaire

La « ligne » n'est pas déclarée par les groupes : nous la déduisons. Pour chaque scrutin, c'est la position qui réunit plus de la moitié des suffrages exprimés du groupe. Quand aucune position n'y parvient, le groupe était partagé : ce scrutin sort du dénominateur. Il n'y a pas de ligne à enfreindre, donc rien à compter — ni dissidence, ni conformité.

C'est ce qui distingue un député discipliné d'un député dont le groupe ne se prononce jamais. Les deux auraient 0 % avec un calcul naïf.

Taux d'accord entre deux députés

scrutins où les deux ont voté pareil ÷ scrutins où les deux ont exprimé un vote

Le dénominateur est propre à chaque paire, et il est affiché à chaque fois. Les scrutins où l'un des deux n'a pas voté sont écartés, pas comptés comme des désaccords : ne pas voter n'est pas voter contre. Sous 30 scrutins en commun, nous n'affichons aucun taux — un pourcentage calculé sur une poignée de votes est un accident d'échantillon. Voir la page « Qui vote avec qui ? ».

Position estimée à partir de ses votes

modèle de points idéaux, 500 rééchantillonnages pour l'intervalle

C'est la mesure la plus technique du site, et celle qui demande le plus de précautions. L'idée : chercher le classement des députés sur une ligne qui prédit le mieux leurs votes. Chaque scrutin y devient une frontière, et chaque député une position par rapport à ces frontières. Le modèle est estimé sur les seuls votes qui engagent.

Le modèle ne connaît aucune étiquette politique. Il ne sait pas qui siège dans quel groupe, ni ce que veulent dire « gauche » et « droite ». Que l'axe qu'il trouve ressemble à un clivage connu est un résultat, pas une hypothèse — et c'est pourquoi nous ne le nommons jamais ainsi. Nous situons par des repères mesurés : « entre la médiane du groupe X et celle du groupe Y ».

Un rang ne se lit jamais sans son intervalle. Un député ayant peu voté a une position mal déterminée. Nous rééchantillonnons les scrutins 500 fois pour obtenir un intervalle, et chaque fiche indique combien d'autres députés ont un intervalle qui recouvre le sien. Quand deux zones se recouvrent, l'ordre entre les deux n'a pas de sens.

Le rééchantillonnage se fait par séance entière, et non scrutin par scrutin. C'est une précaution contre un excès de confiance : les scrutins d'une même séance portent sur le même texte, dans le même rapport de force, et se ressemblent bien plus que deux scrutins tirés au hasard dans la législature. Les tirer un par un reviendrait à traiter 245 votes comme 245 observations indépendantes alors qu'ils forment 173 paquets — et à publier des intervalles trop serrés, donc des classements trop assurés. Le dossier législatif serait un meilleur niveau de regroupement encore ; l'open data ne le renseigne pas.

Nous ne retenons qu'une seule dimension. Un second axe n'est ajouté que s'il prédit mieux des votes que le modèle n'a pas vus, ce qui se teste — et ne se suppose pas. C'est aussi la raison pour laquelle ce site ne publie pas de « carte politique » en deux dimensions : la seconde dimension serait décorative, et elle serait lue comme significative.

Cohésion d'un groupe

taux d'accord moyen entre toutes les paires de députés du même groupe, en exercice

Un groupe de quatre députés et un groupe de quatre-vingt-dix ne produisent pas des moyennes également stables. Les effectifs accompagnent donc toujours la mesure. Les non-inscrits (NI) ne sont pas un groupe et n'ont pas de ligne : leur « cohésion » n'a pas de sens, et ils sont exclus des comparaisons entre groupes.

Le périmètre du calcul est celui de l'effectif affiché à côté. La cohésion a un temps été calculée sur tous les députés ayant siégé depuis 2024, y compris les partis, à côté d'un effectif ne comptant que ceux en exercice : deux chiffres qui ne parlaient pas de la même Assemblée, pour un écart allant jusqu'à 0,8 point. Les deux portent maintenant sur les mêmes personnes.

Accord entre deux groupes

deux conventions, publiées ensemble — voir la page « Qui vote avec qui ? »

Il n'existe pas un accord entre deux groupes. Il en existe deux, selon ce à quoi l'on donne le même poids : la moyenne des taux de paires, où chaque binôme compte pour un quel que soit le nombre de scrutins qui l'a mesuré, et le taux agrégé, qui rapporte tous les votes concordants à tous les votes communs et fait donc peser davantage les binômes les plus longuement observés.

Les deux sont justes, elles répondent à deux questions différentes, et elles s'écartent de plusieurs points. Le tableau des groupes affiche l'une ou l'autre au choix, avec le nombre de paires de chaque case : publier une seule des deux sans nommer la convention ferait passer un choix de méthode pour un fait.

Nature d'une abstention

consigne de groupe, retrait individuel, ou indéterminée — sur le total des abstentions

Une abstention prend son sens de la position du groupe ce jour-là. Si le groupe s'abstient aussi, c'est une consigne : une décision collective de ne pas trancher. S'il vote pour ou contre, c'est un retrait : une façon discrète de ne pas suivre.

Reste un troisième cas, et il compte : quand le groupe n'avait aucune ligne — aucune position n'y réunissait la majorité absolue des suffrages — il n'y a ni consigne à suivre ni consigne à quitter. L'abstention est alors indéterminée. Elle n'est pas écartée du calcul : elle est comptée comme telle, et les trois parts portent sur l'ensemble des abstentions. Les répartir de force entre les deux premières catégories inventerait une information ; les écarter sans le dire ferait porter les pourcentages sur un sous-ensemble muet.

Les limites, en clair

Cinq choses que ce site ne peut pas vous dire

  1. Pourquoi quelqu'un a voté ainsi. Un vote enregistre une position finale, jamais un motif. Deux députés peuvent voter pareil pour des raisons opposées.
  2. Si un député travaille bien. Le vote en séance est une fraction visible d'un mandat. Nous mesurons cette fraction, et rien d'autre.
  3. Ce que vaut une position. Le site situe, il ne juge pas. Aucun chiffre n'est présenté comme bon ou mauvais.
  4. Ce qui se passe hors des scrutins publics. Beaucoup de textes sont adoptés sans scrutin public ; ceux-là sont invisibles ici.
  5. Ce que la source ne publie pas. Quand une donnée manque, nous l'affichons comme manquante. Nous ne la remplaçons jamais par zéro.

Ce que vous lisez, et quand

Une photographie datée

Les données de cette version ont été construites le 14 août 2026, à partir des archives publiées par l'Assemblée. Un chiffre lu ici plus tard peut avoir changé : de nouveaux scrutins ont eu lieu, des députés sont entrés ou partis, un groupe a changé de composition. La date de calcul figure en bas de chaque page pour cette raison — un taux sans sa date est aussi incomplet qu'un taux sans son dénominateur.

Une erreur ?

Comment la signaler

Chaque taux est publié avec son dénominateur précisément pour pouvoir être recontrôlé : le numérateur, le dénominateur et la définition étant donnés, n'importe qui peut refaire l'opération depuis la source ouverte et nous opposer un autre résultat.

Si vous trouvez une erreur — un chiffre, un rattachement de groupe, une date de mandat — écrivez à contact@radar-parlementaire.fr. Elle sera corrigée publiquement, et la correction sera visible : les 13 corrections déjà faites sont datées, chiffrées et rattachées au commit qui les applique.

Voir la mesure d'ensemble · Chercher un député · Qui édite ce site

Reprendre ces chiffres ailleurs

Comment citer ce travail

Les chiffres de ce site sont libres de reprise. Une seule condition, et elle est méthodologique avant d'être juridique : citer la source et la date de calcul. Un taux se recalcule à chaque mise à jour de l'open data ; sans sa date, il n'est pas vérifiable.

Dans un article

Radar parlementaire, Sylvain Desroziers, 2026. Calculs de l'auteur d'après l'open data de l'Assemblée nationale, données au 14 août 2026. https://radar-parlementaire.fr

Dans un travail académique

Citez la note méthodologique pour les définitions et le logiciel pour les calculs :

@techreport{desroziers2026radarnote,
  author      = {Desroziers, Sylvain},
  title       = {Mesurer l'activité de l'Assemblée nationale à partir de ses
                 données ouvertes : définitions, dénominateurs et incertitudes},
  institution = {Radar parlementaire},
  type        = {Note méthodologique},
  year        = {2026},
  url         = {https://radar-parlementaire.fr/methode/note-methodologique.pdf},
  note        = {Version du 14 août 2026}
}

@software{desroziers2026radarlogiciel,
  author  = {Desroziers, Sylvain},
  title   = {Radar parlementaire : votes, amendements et sujets de
             l'Assemblée nationale},
  year    = {2026},
  version = {0.1.0},
  url     = {https://github.com/sdesrozis/radar-parlementaire},
  license = {AGPL-3.0-or-later},
  note    = {Données : open data de l'Assemblée nationale,
             Licence Ouverte 2.0 ; calcul du 14 août 2026}
}

Le dépôt porte un fichier CITATION.cff que GitHub et Zenodo lisent directement.